jeudi 28 avril 2011
1790 . Soixante questions posées aux municipalités
Les « soixante questions posées aux municipalités » ou « Questionnaire de 1790 » (composé de 60 articles) était le titre d'une sorte de sondage fait par le directoire vers les communes du Pas-de-Calais lancé en 1790 vers les communes des anciennes généralités d'Artois, Boulonnais et Calaisis devenaient département du Pas-de-Calais le 26 février 1790 (le 31 juillet 1790, l'administration départementale devait prendre en compte 930 communes).
Origine
Ce questionnaire a été lancé par Fernand Dubois de Fosseux en septembre 1790, quelques mois avant que dans les bourgs, villes et paroisses ou communautés de France, les hommes de plus de 25 ans payant l'équivalent de trois journées de travail en impôt élisent leur municipalité.
Réponses
Selon le décompte de l'administration départementale, chaque commune a répondu à ce questionnaire.
Conservation
Les réponses à ces questions ont fait l'objet d'un recueil « Villes et Villages du Pas de Calais en 1790», conservé dans un document intitulé « Mémoire de la commission d'histoire et d'archéologie du Pas de Calais », Tome 26.
Toutes les réponses auraient dû être versées à la série L des archives départementales, dans le fonds du Directoire, mais l'archiviste départemental se plaint en 1894 qu'il manque les liasses de certains districts Arras, Boulogne, Saint-Omer, Saint-Pol et une partie de celles des districts de Bapaume et Montreuil où manquent à cette époque 227 questionnaires).
Elles sont le fruit de l'exploitation et du dépouillement des réponses au « Questionnaire de 1790 », commencé par le Chanoine Berthe vers le milieu des années 1850.
GRENAY ( 10-26 octobre 1790)
1 à 3. Élection de date inconnue : « pas de procès-verbal, [les élections se sont faite à] la pluralité absolue ».
Maire : BULTEAU Auguste Louis, 40 ans
Officiers municipaux : ROBILLIART Antoine, 40 ans , BAUCAMP Pierre Antoine,40 ans.
Procureur : BEAUCHAMP Florentin, 30 ans.
Notables : DUSAUCHOIS Guillaume, 70 ans, BEAUCHAMP Pierre, 66 ans, WARNIER Joseph, 45 ans, CARIN Pierre-Joseph, 52 ans, ANSART Louis 55 ans, ANSART Athanase, 57 ans.
Greffier : CARIN Michel, 42 ans.
* la liste des documents de la municipalité ne donne aucune indication de profession
Parenté : « pas [de] parenté entre les notables, les tous âgés depuis l’âge de 50 ans jusqu’à 67».
4. Pas de biens communaux.
5 à 8. Ni charges, ni dettes, ni compte, ni caisse.
9. Procès ; un qui n'est pas fini bien qu'« ayant toutes les pièces » (sans antre précision),
10, Population ; [184] habitants.
Hommes : mariés ou veufs, 33 ; célibataires de plus de 18 ans, 12
Femmes : mariées ou veuves, 33 ; célibataires de plus de 18 ans, 12.
Enfants de moins de 18 ans : 94,
11 à 20. la même réponse dix fois répétée : « pas », même quand il s’agit des chemins.
21. Chantres : « pas sinon le clerc ».
22. Sans objet.
23. Une église paroissiale.
24. Curé : le sieur Potier, 60 ans, dans la paroisse depuis 10 ans ½, après avoir été vicaire et desservant 22 ans.
25. Sans objet.
26 à 30. Fabrique. Revenus : 200 l. — Charges : cires, pain et vin. — Dettes ; 500 l.— Dernier compte rendu le 7 mai [1790]. —« il revient du receveur 500 l. »
31. Église : « avons remarqué une muraille bâtie en 1680, une autre en 1753. donc sans doute l’église exi[s]tez beaucoup auparavant puisse qu'on a vu augmenté ladite église par la long[u]eur » ; le chœur, bâti en neuf, par l'abbaye d'Anchin, n'a ni autel, ni table de communion. — Presbytère attenant à l'église et « tenu à beaucoup de réparations ».
32 à 45. « Pas ».
46. [On améliorerait le régime des hôpitaux] « en les mettant par canton ».
50. Pas [de revenus des pauvres). - L'état de leurs charges : travailler. — [Ils sont secourus] « par les charitables».
51 à 59, Sans objet.
Article Denis Caron
mardi 26 avril 2011
Les Lieux-dits
Autrefois l’essentiel de la vie Grenaysienne se déroulait dans les champs. Cependant chaque indigène de l’époque connaissait étroitement son terroir et tous se repéraient grâce aux lieux-dits recensés à partir des plans de l'ancien cadastre dit Napoléon rédigé vers 1823 à Grenay comme dans les communes voisines.
Section A : Champ Gollier, le Buisson Laurent, chemin de Béthune, Hall (le halle), le perd semence, petits fiefs, les diefs, le champ à cornailles, le chemin de la Bassée, le champ Jacques, les blancs linceuïls, les manoirs, le calvaire, le village (de Grenay) (église, cimetière, presbytère), le chemin des blatiers, le chemin de Loos, place de l’ancienne chapelle St Ouen
Section B : Les longs tours, couture de Loos, les maids, couture du milieu, le picot, couture de l’arbre.
Voirie : Chemin de Bully à La bassée, chemin de Grenay à La bassée, Chemin de Bully à Loos, Chemin de Grenay à Loos, Chemin de Grenay à Liévin, chemin de Grenay à Lens, chemin des blatiers, chemin de Béthune à Grenay (limite séparative des communes de Grenay et de Bully-les-Mines), Chemin de l’arbre (limite séparative des communes de Grenay et de Bully-les-Mines ; continuité du précédent après la traversée de la grande rue, artère principale du village), voye des croix, rue des croix, grande rue.
Divers : fossé Branlois (limite séparative des communes de Grenay et de Liévin), l’arbre de Grenay.
Examinons maintenant l'origine de ces lieux-dits:
Certains s'expliquent d'eux-mêmes et nous n'y reviendrons pas. Beaucoup d’entre eux évoquent la nature du sol : de "La Gohelle", plaine sèche, peu productive alors : "les diefs" (argile à silex), "les blancs linceuïls" (terres blanches, calcaires) "le perd semence" (terres peu fertiles) qu'on retrouve également à Bully. "Le champ à cornailles" nous cite la faune locale, en l'occurrence les corbeaux.
Le mode de culture n'est pas oublié lui non plus : "Couture du milieu" "couture de Loos", c’est une "sole" ou un espace cultivé montrant l'assolement triennal, " le chemin des "blatiers" était emprunté par les meuniers des environs : on semait du blé à Grenay. "Les maids" sont une déformation des "muids" mesure agraire. "L'arbre", qu'on retrouve sur le nom d'"arbre de Grenay" à Bully et à Liévin nous remémore "la bataille de Lens" (20 Août 1648). Pour terminer ajoutons que le "hall" nous indique que cet endroit dépendait du fief de halle à Mazingarbe. Ce fief relevait du domaine "Des Pretz" à Sailly-Labourse.
D'autres lieux-dits vinrent se greffer après l’arrivée de mines : cité du Maroc, cité des quarante, vers le cimetière, l’arbre de Condé, fosse 5, fosse 11, cité jardin.
Article Denis Caron
le Blason de Grenay
LE BLASON :
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Le blason de GRENAY. |
À l'origine, c'est un écu pourvu d'éléments extérieurs : timbres, insignes... L'ensemble constitué par l'écu et les ornements est désigné par le nom de blason.
Au XV° siècle, ce tracé en accolade (en bas du blason) est un des traits typiques de l'architecture du temps et constitue notamment à cette époque, l'aboutissement habituel des portes et des fenêtres.
Les couleurs : elles sont deux à la base, blanc (argent) et jaune (or), auxquelles l'héraldique allemande joint le gris (fer).
L'héraldique se sert aussi d'un très petit nombre d'émaux : le bleu (appelé azur), le rouge (gueules), le vert (sinople), parfois le pourpre, l'orangé...
Les partitions : pour le blason de GRENAY, il s'agit d'un taillé.
Sur le blason, "l'arbre de condé" est évoqué, ainsi que l'escarboucle pommetée et fleurdelisée des armes de l'abbaye d'Anchin qui a possédé la seigneurie de GRENAY jusqu'à la Révolution. Un arbre réduit à une silhouette schématique et simplifiée se dit "arbre" tout court. On représente également des espèces identifiables : Chênes, pins, ... Dès l'origine, les armoiries ont été des "reconnaissances" permettant de distinguer leurs titulaires, et de constater s'il y avait lieu, leurs relations d'allégeance. Elles ont pris rapidement un caractère patrimonial, se sont transmises héréditairement, de sorte qu'il est devenu nécessaire d'instituer des modifications pour éviter des confusions. Les armoiries des villes, parfois vieilles de plusieurs siècles, sont chargées de significations. Les communes, héritières de traditions millénaires, se doivent d'entretenir ces symboles.
Taillé = partition obtenue par une ligne diagonale, descendant de l'angle senestre du chef vers l'angle dextre de la pointe et partageant ainsi l'écu en deux parties égales.
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Escarboucle : figure stylisée, composée de huit branches fleuronnées rayonnantes autour d'un cercle.
Fleurdelisé : qualifie toute figure, mais principalement la croix, dont les extrémités se terminent par une fleur de lis.
Pommeté : qualifie les pièces et les figures dont les extrémités sont garnies de boules.
Article Denis Caron
carte de Cassini

La carte de Cassini ou carte de l'Académie est la première carte générale et particulière du royaume de France.





















