vendredi 20 janvier 2012
RATTEL Louis-François, instituteur de Grenay
RATTEL (Louis-François), instituteur de Grenay, né à Sailly-la-Bourse (Pas-de-Calais), le 16 septembre 1825.
Adresse: Rumaucourt, par Ecourt-Saint-Quentin, Pas-de-Calais.
M. Louis François Rattel est entre autres, le père du docteur en médecine d'Adjutor Agathon Joachim né à Grenay. Louis est un personnage d'un esprit plein d'originalité, d'un caractère entreprenant, d'une taille et d'une force musculaire peu commune, d'une droiture exemplaire.
Après avoir voyagé en Amérique, il était revenu faire souche au pays. Sa position était modeste, mais il tint à ce que son fils, qui montrait de bonnes dispositions pour l'étude, acquit une sérieuse instruction, et il rêva même pour lui.
Le jeune Louis Rattel fit ainsi de fortes études au collège de Saint-Pol puis au grand séminaire d'Arras, alors confondu avec le collège, où il eut de très brillants succès et fut particulièrement remarqué par M. Wallon-Cappelle, que nous avons connu vicaire-général à Arras. Sa philosophie terminée, M. Louis Rattel dut reconnaître que sa vocation ne l'attirait pas vers les ordres sacrés, mais plutôt vers la formation de la jeunesse, ce qui était un genre d'apostolat.
Entré dans l'enseignement secondaire, il fut successivement professeur au collège de Saint-Pol et celui de La Bassée. Là il se maria le 2 août 1852 à Givenchy-lès-la-Bassée avec Adèltrude Gertrude Clément de Givenchy-lès-la-Bassée (descendante de Nicolas Clément, clerc laïc à Bully-en-Gohelle). Ils eurent par la suite 9 enfants aux prénoms peu communs mais aussi avec un parcours encore moins commun : Phamélie Adèle Josèphe (1843 hors mariage), Théobald Melchior Camille (1853), Melchior Paul Béatrix (1854), Adjutor Agathon Joachim (né à Grenay en 1856), Colombe Marthe Gertrude (1859), Agathon Simon Paul (1862), Marie Adèle Ernestine (1863), François-Xavier (1865) et Protin (…).
Il se convainquit bientôt que l'instruction donnée alors dans les écoles présentait de grandes lacunes. Résolu, en prêchant l'exemple, d'apporter une méthode plus sérieuse et plus pratique en même temps dans les écoles, il entra dans l'enseignement primaire et fut d'abord nommé instituteur en 1856 à Grenay (qui n'était pas encore attaché à Bully). À Montigny-en-Gohelle, où il connut intimement M. Déprez, devenu sénateur, et tous ces hommes de valeur qui portent le nom de François Brasme, Gourlet Jules, Émile et Louis Breton. Il passa ensuite à Ecourt-Saint-Quentin, où il resta dix ans. Il fît faire de tels progrès à son école, durant ce laps de temps, que l'attention du Ministre de l'Instruction publique, M. Duruy, fut attirée sur lui et qu'il fut qualifié par le grand-maître de l'Université de « premier instituteur de France ».
Aussi, en 1870, M. Plichon, maire d'Arras, l'appela pour créer dans cette ville l'enseignement primaire laïque, qui n'existait pas. On se rappelle que, sous l'Empire, les frères des Écoles chrétiennes détenaient toutes — ou presque toutes — les écoles primaires. Il n'est pas besoin de dire les difficultés que rencontra M. Rattel dans sa nouvelle tâche. Il sut les aplanir avec tact et quand il abandonna, pour prendre sa retraite, en 1886, la direction de l'école d'Arras, qui était son œuvre, il la laissa constituée comme un groupe scolaire des plus importants.
Toutes les récompenses auxquelles peuvent aspirer les instituteurs ont été accordées à M. Louis François Rattel durant les trente-cinq ans où, comme il le dit lui-même avec humour, il a « ramé dans la galère de l'enseignement ».
Lettre de félicitations du Ministre le 18 juillet 1863 ; Mention honorable spéciale en 1864 ; Prix du Ministère de l'Instruction publique (cours d'adultes) en 1865 ; Prix donné par l'Empereur, Médaille d'or du Ministère en 1866 ; Note « excellent » à l'Exposition universelle de 1867 ; Médaille de bronze le 28 mars 1870 ; Médaille d'argent le 10 décembre 1880 ; Médaille d'argent de la Société d'Agriculture en 1875 ; Enfin officier d'Académie le 1er janvier 1883.
On peut dire que les écoles primaires du Pas-de-Calais, renommées à l'heure actuelle par tout le pays, doivent leur éclat à M. Rattel qui, par son exemple, a donné l'impulsion à ces établissements et en a élevé considérablement le niveau.
Plus de vingt mille enfants, devenus plus tard des hommes, lui doivent leur instruction et de beaucoup leur position. S'ils s'unissaient pour lui prouver leur reconnaissance, leur hommage serait plus éclatant et certainement plus sincère que celui rendu — nous en avons été témoins — à certains personnages de l'enseignement secondaire.
À Grenay, Arras, comme à Ecourt-Saint-Quentin, comme partout d'ailleurs où il a passé, M. Louis Rattel a su se faire apprécier et, ce qui est mieux, aimer. Personnellement lié avec M. de Malortie, l'éminent principal de collège si regretté à Arras, il sut entretenir d'excellents rapports avec tous.
M. Louis Rattel a passé sa retraite à Rumaucourt, près d'Ecourt-Saint-Quentin. Dans le pays, on n'a pas encore oublié combien sa mission y avait été brillante. Dans les différends, on le prend pour arbitre plus souvent que le juge de paix, et à la moindre difficulté, on vient s'éclairer de ses conseils. Il mourut chez lui le 16 septembre 1905.
Sources :
- Extrait du dictionnaire biographique des hommes du Nord : L.-F. RATTEL par Henry Carnoy , Paris, imprimerie de l’Armorial Français, G. Colombier (copie fournie par Mr et Mme Hulot d’Ennetière en Weppes transcription et travaux par Denis Caron de Bully-les-mines
- Rapports et délibérations - Pas-de-Calais, Conseil général -Conseil général du Pas-de-Calais (Arras)-184?
Article : Denis Caron
Voila une famille emblématique qui pourrait faire le thème des futurs Géants de Grenay !!!
La première école Grenaysienne était dans un bâtiment d’ un corp de ferme loué à cet effet.
Avant la guerre 14/18 l’école de Grenay, se tenait provisoirement dans une pièce de la mairie qui était alors derrière l’église Notre Dame du Mont Carmel. (photo Denis Caron)
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